Les altises sont de petits coléoptères de la famille des chrysomèles, souvent appelés puces de terre ou puces de jardin. Leur taille varie généralement de 1,5 à 5 mm selon les espèces. Leur corps est souvent noir, bleu-noir brillant, parfois métallique, avec chez certaines espèces des reflets verts, dorés ou même des bandes jaunes sur les élytres. Le signe le plus parlant reste leur comportement, elles sautent brusquement grâce à leurs pattes arrière très développées, et peuvent aussi voler sur plusieurs centaines de mètres, parfois davantage.
Au potager, les dégâts apparaissent surtout sur les jeunes pousses et les semis. Les feuilles de radis, navets, choux, roquette ou moutarde se couvrent rapidement de petits trous ronds. Sur betterave, tomate, aubergine, pomme de terre, vigne ou maïs, certaines espèces causent aussi des pertes selon la culture et la pression. Quand l’attaque survient à la levée, la croissance peut être freinée ou stoppée.
Choisir un insecticide contre les altises demande donc de regarder trois points, le stade de la plante, la culture touchée et la cible réelle, adultes sur le feuillage ou larves dans le sol. Les solutions les plus pertinentes combinent presque toujours prévention, humidité, protection mécanique et traitement ciblé.
Quel insecticide contre les altises choisir ?
Le bon produit dépend d’abord de l’ampleur des dégâts. Sur quelques rangs de radis ou de roquette, un traitement léger ou une solution naturelle peut suffire. Sur une culture plus large, notamment en betterave, le raisonnement est différent, avec des seuils d’intervention et des matières actives précises.
Les altises sont particulièrement actives du printemps à la fin de l’été, souvent de mars ou avril jusqu’à septembre, parfois octobre selon les conditions. Elles aiment les périodes chaudes et sèches, avec une activité souvent marquée autour de 20 °C. C’est dans ce contexte qu’un insecticide contre les altises peut devenir utile, surtout à la levée.
Comparer insecticide chimique et insecticide biologique
Deux grandes familles existent, les solutions chimiques de synthèse et les solutions biologiques ou naturelles. Elles n’agissent pas de la même manière, ni au même moment du cycle de l’insecte.
| Type de solution | Cible principale | Atout | Limite |
|---|---|---|---|
| Insecticide chimique | Adultes sur le feuillage | Action rapide, utile en forte pression | Risque pour les auxiliaires et pollinisateurs selon produit et moment d’application |
| Nématodes entomopathogènes | Larves dans le sol | Approche biologique ciblée | Demande de bonnes conditions d’application et une intervention au bon créneau |
| Purin d’ortie, décoction d’ail | Adultes, effet répulsif ou limitant | Facile à intégrer au jardin | Efficacité variable en forte attaque |
| Mesures mécaniques | Prévention des attaques | Très bon niveau de protection sur semis | À poser très tôt, dès le semis |
En betterave, un exemple souvent cité est la deltaméthrine contenue dans Decis Protech®, dosée à 15 g/l, avec une dose d’utilisation de 0,33 l/ha. Cette matière active est un pyréthrinoïde de synthèse à large spectre, agissant par contact et ingestion. Son usage relève d’un cadre professionnel et demande de vérifier que le traitement est réellement indispensable.
Pour une approche plus sobre, il reste préférable de commencer par les méthodes alternatives, surtout au jardin familial.
Choisir un insecticide contre les altises adapté à la culture touchée
Toutes les cultures ne réagissent pas de la même façon. Les crucifères, ou Brassicacées, restent les plus exposées. On retrouve notamment :
- les radis
- les choux
- les navets
- la roquette
- le cresson
- le chou chinois
- la moutarde
D’autres plantes peuvent aussi subir des attaques selon l’espèce d’altise présente, comme la betterave, la tomate, l’aubergine, la pomme de terre, le maïs ou la vigne. Phyllotreta cruciferae et d’autres Phyllotreta sont fréquentes sur crucifères, tandis que Altica ampelophaga concerne la vigne. Psylliodes chrysocephala, plus grande, se reconnaît à ses élytres bleu-noir brillant. Phyllotreta nemorum présente une large bande jaune sur fond noir.
Sur radis ou jeunes choux, l’objectif principal est souvent de protéger la levée. Sur betterave, on raisonne davantage selon le pourcentage de feuilles atteintes. Les seuils parfois retenus sont de 30 % des feuilles avec nombreuses piqûres au printemps, puis 50 % avant le 30 août en été.
Existe-t-il un insecticide biologique contre les altises ?
Oui, mais il faut distinguer les produits qui agissent réellement sur les larves de ceux qui servent surtout à repousser ou gêner les adultes. Le mot biologique recouvre ici des solutions très différentes en efficacité, en précision et en facilité d’usage.
Nématodes entomopathogènes contre les larves dans le sol
Les nématodes entomopathogènes sont de petits vers microscopiques naturellement présents dans les sols français. Ils parasitent les larves d’altises dans le sol, ce qui en fait une solution intéressante quand le problème ne se limite pas aux adultes visibles sur les feuilles.
La période d’application recommandée se situe entre mi-mai et mi-juillet, souvent en mai et juin, à l’arrosoir. Le but est d’empêcher l’apparition de nouveaux adultes en été. Un traitement courant comprend 2 applications à 7 jours d’intervalle.

| Format | Surface couverte | Prix indicatif TTC |
|---|---|---|
| 2 sachets de 5 millions | 10 m² | 19,80 € |
| 2 sachets de 10 millions | 20 m² | 27,00 € |
| 2 sachets de 25 millions | 50 m² | 35,80 € |
| 2 sachets de 50 millions | 100 m² | 59,80 € |
| 2 sachets de 250 millions | 500 m² | 140,00 € |
Leur conservation est limitée. Ils supportent jusqu’à 3 jours à 25 °C de température continue, mais un pack réfrigéré à 2,90 € reste conseillé. Cette contrainte logistique compte beaucoup, car un produit vivant appliqué trop tard ou mal conservé perd une partie de son intérêt.
Cette solution a un vrai sens quand les larves posent problème, mais elle ne remplace pas la protection immédiate des semis contre les adultes.
Purin d’ortie, décoction d’ail et autres solutions naturelles à pulvériser
Au jardin, plusieurs recettes naturelles sont citées pour limiter les altises. Leur intérêt tient surtout à leur accessibilité et à leur intégration dans une stratégie globale.
Le purin d’ortie s’emploie en pulvérisation sur les feuilles. Une recette fréquemment donnée consiste à utiliser 1 kg d’orties dioïques pour 10 litres d’eau, puis à employer le mélange dans les 48 heures.
La décoction d’ail fait aussi partie des solutions connues :

- écraser 3 gousses d’ail pour 1 litre d’eau
- laisser macérer 24 heures
- faire bouillir 20 minutes
- laisser refroidir
- pulvériser la préparation non diluée dans les 24 heures
La cendre de bois peut aussi être déposée autour du pied des plants pour gêner ou éloigner les insectes, à condition d’éviter les excès et de renouveler après pluie.
Ces solutions peuvent aider sur une pression faible à modérée, surtout si elles sont associées à un arrosage régulier. En cas d’infestation sévère sur semis très jeunes, elles atteignent vite leurs limites.
L’insecticide contre les altises est-il efficace sur les larves ?
Pas toujours. C’est l’un des points les plus mal compris. Beaucoup de traitements pulvérisés sur le feuillage visent surtout les adultes, ceux qui grignotent la surface des feuilles et provoquent les petits trous ronds. Les larves, elles, vivent souvent dans le sol ou à l’intérieur de la plante selon l’espèce. Certaines rongent les racines, d’autres creusent des galeries dans les tiges ou le limbe.
Un insecticide foliaire classique a donc une efficacité limitée sur ce stade caché. C’est pour cette raison que les nématodes entomopathogènes sont régulièrement cités comme solution biologique plus adaptée aux larves.
Quand les dégâts observés sont :
- des feuilles criblées de trous, le problème vient surtout des adultes
- une croissance qui stagne malgré une pression foliaire modérée, les larves peuvent aussi être impliquées
- des galeries dans les tissus, il faut tenir compte de l’espèce concernée
Le bon diagnostic évite de traiter inutilement le feuillage alors que le cœur du problème se situe sous terre.
Quand traiter les altises au jardin ?
Le timing compte autant que le produit. Les altises hivernent dans le sol, sous les feuilles mortes, sous les résidus de culture ou dans les mottes de terre. Elles sortent lorsque les températures remontent, souvent au printemps. Les semis d’avril et mai sont donc les plus exposés, surtout par temps sec.
Appliquer un traitement au bon stade de la plante
Les jeunes plantes sont les plus sensibles. Une feuille légèrement perforée sur une plante bien développée reste souvent supportable. Le même niveau d’attaque sur un semis de radis juste levé peut compromettre toute la ligne.
Le traitement contre les altises devient pertinent en priorité :
- à la levée
- sur les cotylédons et premières feuilles
- sur les jeunes pousses tendres
- sur les semis de printemps et parfois d’automne en conditions favorables
Sur betterave, les recommandations professionnelles rappellent que les altises sont surtout nuisibles à la levée. Un semis précoce sur un lit de semences optimal aide la culture à être plus robuste au moment de l’apparition des insectes.
Choisir le bon moment d’intervention selon la pression des attaques
Les altises aiment la chaleur et la sécheresse. Le risque augmente lors des épisodes chauds, avec un sol qui se dessèche et se croûte. Elles sont moins actives quand le temps est frais ou humide.
Quelques repères pratiques aident à décider :
- surveiller davantage entre avril et mai pour les semis de printemps
- renforcer la vigilance pendant les périodes autour de 20 °C et sans pluie
- intervenir rapidement si les jeunes feuilles sont déjà très perforées
- privilégier la prévention avant les fortes chaleurs, plutôt qu’un traitement tardif
Sur radis, l’arrosage régulier et les pulvérisations d’eau aux heures chaudes sont souvent conseillés, car l’humidité réduit l’activité des adultes.
Comment appliquer un insecticide contre les altises efficacement ?
Un produit mal appliqué donne souvent l’impression de ne pas fonctionner. Les altises sont petites, mobiles, capables de sauter ou de se laisser tomber au sol quand elles sont dérangées. L’application doit donc être soignée, avec une couverture homogène et une logique de traitement cohérente.
Respecter les doses et les conditions d’emploi
Chaque solution a ses propres règles. Un insecticide chimique se suit à l’étiquette, sans approximation. Une préparation naturelle doit aussi respecter sa recette, sa dilution éventuelle et son délai d’utilisation.
Quelques règles simples améliorent l’efficacité :
- traiter avec une météo calme, sans vent fort
- éviter les heures les plus chaudes pour limiter l’évaporation
- viser correctement le feuillage jeune, là où les adultes se nourrissent
- renouveler seulement si le besoin est réel
- ne pas surdoser
Pour les nématodes, l’application à l’arrosoir sur sol suffisamment humide est déterminante. Un sol trop sec réduit fortement leur action.
Traiter les zones les plus exposées du jardin
Les attaques démarrent souvent sur les cultures les plus attractives, en particulier les crucifères semées serrées. Les bordures, les rangs les plus jeunes et les parcelles exposées à la chaleur sèche méritent une surveillance renforcée.
Une protection efficace repose souvent sur un ensemble de gestes complémentaires :
- poser un filet anti-insectes juste après le semis
- choisir des mailles fines, jusqu’à 2 mm pour le radis
- maintenir le filet sur arceaux pour laisser de l’espace aux plants
- enterrer les bords pour éviter les intrusions
- arroser le matin de bonne heure par aspersion sur les rangs attaqués
- biner le sol pour perturber l’installation
- éviter de replanter les crucifères au même endroit
La combinaison bassinage plus protection mécanique est souvent présentée comme la méthode la plus fiable sur les jeunes cultures sensibles.
Quels sont les risques d’un insecticide contre les altises pour les abeilles ?
Le risque existe surtout avec les insecticides chimiques à large spectre. Une matière active conçue pour toucher des insectes ravageurs peut aussi affecter des pollinisateurs ou d’autres auxiliaires si l’application est mal gérée. C’est particulièrement vrai lorsque le traitement est réalisé sur des plantes en floraison, à proximité de fleurs visitées, ou à des moments de forte activité des abeilles.
La prudence passe par plusieurs choix :
- traiter seulement quand le seuil de nuisance est réellement atteint
- privilégier d’abord les méthodes alternatives, mécaniques et culturales
- éviter toute application sur floraison
- respecter strictement l’étiquette et les restrictions d’usage
- choisir, quand c’est possible, la solution présentant le risque le plus faible pour l’environnement
Dans les jardins riches en biodiversité, la meilleure stratégie reste souvent de réduire l’exposition globale plutôt que de multiplier les pulvérisations. Un filet posé à temps, un sol maintenu humide, des cultures espacées, quelques plantes pièges comme la moutarde ou le chou chinois, et des plantes répulsives citées comme la tanaisie, la fétuque rouge ou le trèfle blanc peuvent faire baisser nettement la pression.
Le choix d’un insecticide contre les altises a donc du sens seulement dans une approche raisonnée. Sur des semis fragiles, la rapidité d’action compte. Sur le long terme, c’est surtout la combinaison entre observation, protection précoce et gestion du milieu qui évite les dégâts répétés d’une année sur l’autre. C’est aussi la méthode la plus cohérente pour protéger à la fois les cultures et la vie utile du jardin.





